8000-42-8
Caraway
Liant
Enveloppant
0,02000
0,08000
0,30000
0,80
2
5
Liant
Liant
Coeur
Coeur
Accent
Colonne
Enveloppant
Enveloppant
Horizontal
Horizontal
Projeté
Projeté
0
-1
-1
0
1
-1
1
2
3
0
Huile essentielle obtenue par distillation à la vapeur des fruits (improprement appelés graines) de Carum carvi (Apiacées), système biphasique dominé par la (S)-(+)-carvone (48-65%, jusqu’à 87% selon l’origine) et le (R)-(+)-limonène (6-45%). Attaque fraîche-hespéridée portée par le limonène, puis chaleur de pain de seigle grillé, pâte chaude et pointe mentholée-anisée portée par la carvone ; fond boisé discret, tranquille, avec une persistance terreuse rappelant le foin sec. En parfumerie fine, rarement utilisée comme note vedette : sa valeur principale est celle d’un modificateur sub-seuil apportant une texture chaude et grillée sans se signaler, notamment dans les fougères et aromatiques (Le Mâle, Hypnotic Poison).
Huile essentielle distillée à la vapeur des semences (fruits) séchées de Carum carvi L. (Apiaceae). Liquide jaune pâle mobile.
Composition GC/MS : D-carvone dominante (47–81%), D-limonène (20–49%), dihydrocarvone et carvéol (traces).
Profil olfactif très caractéristique : pain de seigle grillé chaud en tête, épicé-herbacé, note mentholée légère et nette due à la D-carvone, facettes aneth-fenouil, boisée-sèche et foin en fond. Plus propre, plus frais et moins animal que le cumin — distinction fondamentale souvent mal comprise.
Usage en parfumerie fine très discret : modificateur sub-threshold (0,1–1% dans le concentré), rarement note principale. Aucune restriction IFRA cat.4 spécifique. Allergène EU : limonène à déclarer selon concentration dans le produit fini. Origine Pays-Bas = référence qualité maisons de luxe (Fraterworks).
Points remarquables, en articulation avec la famille Apiaceae maintenant très complète dans la base :
Tableau Apiaceae complet :
Matière Profil dominant Fonction Vecteur vertical_horizontal
Celery Ketone Végétal-amer-vert Accent Projeté +3
Carvi HE Pain seigle-épicé-mentholé Accent Projeté +1
Carotte HE Poudré-iris-terreux Halo Enveloppant −2
Anis vert HE Floral-doux-anisé Coeur Projeté +1
Anis étoilé HE Épicé-boisé-anisé Coeur Projeté 0/−1
Trans-Anéthol Réglisse-pur Coeur Projeté +1
Canthoxal Aqueux-fenouil Halo Enveloppant +2
Fonction Accent dominante — même positionnement que le Celery Ketone, mais depuis un registre radicalement différent : grain-chaud vs végétal-amer-froid. Deux Accents Apiaceae aux pôles opposés de l’axe sombre/clair et amer/sucré.
Axe vertical_horizontal à +1 — légèrement horizontal, cohérent avec la diffusion épicée-grain qui s’étale modérément plutôt que de s’étirer vers le haut.
L-Carvone vs Carvi HE — les deux sont maintenant dans la base. Les énantiomères de la carvone illustrent parfaitement la règle chiralité : même CAS de base, profils olfactifs distincts, fonctions architecturales et vecteurs identiques (Accent/Projeté), axes sensoriels divergents — notamment sur sombre/clair (+1 carvi vs +4 spearmint) et amer/sucré (−1 carvi vs +2 spearmint).
| Fonction | Accent | Accent + Cœur | Cœur + Colonne |
|---|---|---|---|
| Vecteur | Horizontal | Horizontal + Vertical | Vertical + Horizontal |
| Confiance | Inférence structurale | Inférence structurale | Hypothèse expérimentale |
| Fonction | Accent | Accent + Halo | Accent + Cœur |
|---|---|---|---|
| Vecteur | Horizontal | Horizontal + Projeté | Projeté + Horizontal |
| Confiance | Inférence structurale | Inférence structurale | Hypothèse expérimentale |
| Fonction | Accent | Cœur + Accent | Cœur + Halo |
|---|---|---|---|
| Vecteur | Horizontal | Projeté + Horizontal | Projeté + Enveloppant |
| Confiance | Inférence structurale | Hypothèse expérimentale | Hypothèse expérimentale |
| Fonction | Halo | Accent + Halo | Halo |
|---|---|---|---|
| Vecteur | Projeté | Projeté | Projeté + Enveloppant |
| Confiance | Inférence structurale | Hypothèse expérimentale | Inférence structurale |
| Fonction | Accent | Accent + Cœur | Accent + Halo |
|---|---|---|---|
| Vecteur | Vertical | Projeté + Vertical | Projeté + Enveloppant |
| Confiance | Inférence structurale | Hypothèse expérimentale | Hypothèse expérimentale |
| Fonction | Liant + Halo | Accent + Liant | Cœur + Accent |
|---|---|---|---|
| Vecteur | Horizontal + Projeté | Vertical + Horizontal | Horizontal + Enveloppant |
| Confiance | Inférence structurale | Inférence structurale | Hypothèse expérimentale |
| Fonction | Liant | Accent + Cœur | Accent + Cœur |
|---|---|---|---|
| Vecteur | Horizontal | Horizontal + Vertical | Vertical + Enveloppant |
| Confiance | Inférence structurale | Inférence structurale | Hypothèse expérimentale |
| Fonction | Liant | Accent + Halo | Halo + Accent |
|---|---|---|---|
| Vecteur | Horizontal | Horizontal + Enveloppant | Enveloppant + Horizontal |
| Confiance | Inférence structurale | Inférence structurale | Hypothèse expérimentale |
| Fonction | Liant | Accent + Cœur | Cœur + Accent |
|---|---|---|---|
| Vecteur | Enveloppant | Enveloppant + Horizontal | Enveloppant + Vertical |
| Confiance | Inférence structurale | Inférence structurale | Hypothèse expérimentale |
| Fonction | Liant | Halo + Accent | Accent + Cœur |
|---|---|---|---|
| Vecteur | Enveloppant | Enveloppant + Horizontal | Horizontal + Vertical |
| Confiance | Inférence structurale | Inférence structurale | Hypothèse expérimentale |
| Fonction | Liant | Accent + Liant | Accent + Cœur |
|---|---|---|---|
| Vecteur | Horizontal | Horizontal + Vertical | Vertical + Horizontal |
| Confiance | Inférence structurale | Inférence structurale | Hypothèse expérimentale |
| Fonction | Liant | Accent + Colonne | Accent + Colonne |
|---|---|---|---|
| Vecteur | Horizontal | Vertical + Horizontal | Vertical + Enveloppant |
| Confiance | Inférence structurale | Inférence structurale | Hypothèse expérimentale |
[TRACE]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À dose trace, l’HE de carvi introduit dans S1 une perturbation d’une nature tranchante et immédiate — très différente de la pesée progressive de la carotte. La carvone, constituant majoritaire, vient percuter la surface de la colonne de cédrol comme une lame fine : le contact est net, l’impact localisé, sans étalement latéral. La colonne reste verticale mais sa surface reçoit une incision perceptive — non un habillage, non un dépôt, mais une marque.
→ Ce que le système révèle : S1 révèle la nature incisive et non-adhérente de la carvone sur les structures sèches : elle ne s’ancre pas dans le squelette, elle l’entaille momentanément puis disparaît. Le limonène, fraction minoritaire volatile, se disperse instantanément sans interaction avec l’axe. Le farnesyl acétate reste totalement inactif — la carvone n’a aucune affinité avec les soutiens sesquiterpéniques muets. L’HE de carvi est révélée dès la trace comme un ingrédient à action de surface incisive, non comme un structurant axial.
[MOYEN]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À dose moyenne, les incisions successives de la carvone sur la colonne de S1 produisent un effet de scarification de surface. La colonne de cédrol acquiert une rugosité perceptive discontinue — non la rugosité pulvérulente de la carotte, mais une rugosité à arêtes vives, comme si le squelette avait été strié. La verticalité est préservée mais la surface lisse originelle est entièrement texturée par les impacts répétés de la carvone. Une légère résonance terpenique enveloppe la partie haute de l’axe.
→ Ce que le système révèle : S1 révèle le comportement de scarificateur architectural de la carvone : elle marque sans construire, incise sans modifier la géométrie fondamentale. Le cédrol résiste à la pénétration de la carvone — il ne l’absorbe pas, ce qui force l’HE à rester en surface et à multiplier ses impacts. Cette surface à impacts répétés est une texture architecturale nouvelle dans les matières analysées, spécifique aux cétones terpeniques à chaîne courte et rigide.
[HAUT]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À haute dose, la scarification de surface de S1 atteint une densité telle que la colonne semble entièrement recouverte d’une croûte d’impacts. La structure de cédrol est toujours fonctionnelle en profondeur mais sa surface perceptive est entièrement occupée par la masse de carvone accumulée. L’axe vertical existe mais est devenu illisible de l’extérieur — recouvert d’une couche dense, âcre et résineuse qui émet sa propre architecture parasitaire. Le farnesyl acétate est étouffé.
→ Ce que le système révèle : S1 révèle qu’à haute dose, la carvone est un ingrédient d’encroûtement surfacique des structures portantes. Elle ne les détruit pas de l’intérieur, elle les rend imperméables de l’extérieur en accumulant une couche d’impacts solidifiés. Cette encroûtement est architecturalement différent de l’occultation cristalline de l’anéthol ou de l’ensevelissement pulvérulent de la carotte : il s’agit d’une minéralisation de surface par accumulation percussive.
[TRACE]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : Sur la surface blanche de S2, la trace de carvi produit un effet de ponctuation sèche et froide. La carvone se pose sur le plan lisse comme un éclat de silex — un point dur, non diffusant, qui contraste avec la blancheur et la fluidité du plan. Le phénoxyéthyl isobutyrate ne capte pas la carvone ni ne la propage : les deux ingrédients coexistent sur la surface sans interagir. La surface reste globalement intacte, marquée seulement par ce point de dureté froide.
→ Ce que le système révèle : S2 révèle l’incompatibilité de diffusion de la carvone avec les surfaces diffusantes lisses. Elle ne voyage pas sur le plan — elle s’y pose comme un corps étranger et y reste immobile. Cette immobilité sur surface diffusante indique une faible mouillabilité de la carvone sur les substrats de type ester-alcool, et donc une tendance à l’isolation plutôt qu’à l’intégration de surface. Le rosone n’est pas perturbé à ce stade.
[MOYEN]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À dose moyenne, les points durs de carvone se multiplient sur la surface de S2 et créent un effet de semis minéral sur le plan blanc. La surface n’est pas fracturée ni colorée — elle est parsemée d’éclats froids et durs qui interrompent localement sa fluidité sans détruire sa continuité globale. Le rosone commence à réagir à la présence de la carvone : sa projection florale est coupée net aux points de contact, créant des zones d’ombre dans la diffusion du plan.
→ Ce que le système révèle : S2 révèle la capacité de la carvone à créer des obstacles de diffusion localisés sur une surface diffusante. Ces obstacles ne sont pas des murs — ils sont des points durs qui dévient et interrompent localement la propagation du plan. Cette propriété de perturbation ponctuelle de la diffusion de surface est distincte de tous les comportements observés dans les HE anisiques et racinaires : la carvi ne modifie pas la texture globale de la surface, elle y crée des accidents.
[HAUT]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À haute dose, le semis de points durs devient une couverture quasi-totale et la surface de S2 est entièrement minéralisée. Le plan blanc disparaît sous une couche dense d’éclats de carvone qui lui confèrent une texture froide, sèche et terpenique. La diffusion est pratiquement annulée — le benzyl alcohol et le phénoxyéthyl isobutyrate sont piégés sous la couche minérale. La surface devient une dalle froide et non-réfléchissante.
→ Ce que le système révèle : S2 révèle qu’à haute dose, la carvone est un ingrédient de minéralisation de surface par accumulation percussive — non par film continu, mais par densification d’impacts jusqu’à la continuité. Cette minéralisation froide est architecturalement opposée à l’enrobage chaud de l’anis étoilé ou à l’ensevelissement pulvérulent de la carotte : la carvi fige la surface en la pétrifyant de l’extérieur.
[TRACE]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : Dans le volume respirant de S3, la trace de carvi produit un effet de fissure froide dans les interfaces floues du système. La carvone, incapable de se diluer dans l’espace aérien du farnesol et du nérolidol, crée un point de résistance rigide dans le volume — une particule dure en suspension dans un espace mou. Le volume absorbe mal cet élément étranger : il l’entoure sans l’intégrer, créant une micro-tension locale autour du point d’impact de la carvone.
→ Ce que le système révèle : S3 révèle l’inadéquation fondamentale de la carvone avec les architectures de volume ouvert. Sa rigidité moléculaire et sa faible miscibilité avec les sesquiterpènes alcooliques du système empêchent toute intégration volumique. Le mefrosol tente de créer un pont entre la carvone et les interfaces sesquiterpéniques mais n’y parvient qu’imparfaitement. La carvone existe dans S3 comme un corps étranger — présent mais non intégré.
[MOYEN]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À dose moyenne, les particules rigides de carvone se multiplient dans le volume de S3 et commencent à créer un effet de turbulence froide. Le volume aérien, naturellement fluide, est parsemé de points de résistance qui perturbent les transitions douces du farnesol et du nérolidol. Les interfaces floues du système sont lacérées par ces points durs — elles restent présentes mais leur continuité est interrompue, comme un tissu perforé par des éclats.
→ Ce que le système révèle : S3 révèle que la carvone est un ingrédient de lacération volumique — elle n’effondre pas le volume, ne le comprime pas, ne le gélyfie pas : elle le perfore de l’intérieur. Cette action de perforation froide est architecturalement unique parmi les matières analysées en S3. Le volume de farnesol-nérolidol subsiste mais avec des trous, des zones de vide froid là où la carvone a imposé sa rigidité dans les interfaces naturellement fluides.
[HAUT]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À haute dose dans S3, la lacération du volume atteint un seuil de fragmentation totale. Le volume respirant de S3 est réduit en un espace chaotique où les fragments de carvone rigide et les restes d’interfaces sesquiterpéniques coexistent sans cohérence architecturale. Le farnesol et le nérolidol sont repoussés à la périphérie de l’espace ; le volume central est occupé par une masse froide, dure et discontinue. La respiration du système est brisée — non par compression, mais par fragmentation interne.
→ Ce que le système révèle : S3 révèle qu’à haute dose, la carvone détruit le volume par fragmentation froide plutôt que par compression chaude. Cette modalité de destruction volumique par lacération-fragmentation est la plus violente architecturalement parmi les matières analysées dans S3 : elle ne laisse pas de résidu viable, pas de respiration périphérique, pas de tension résiduelle. Le volume de S3 sous carvone saturante n’est pas comprimé — il est brisé.
[TRACE]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : Dans le fond sombre de S4, la trace de carvi produit une réaction de surface froide et distante. La carvone ne descend pas vers le fond — elle reste suspendue très au-dessus de la masse absorbante de Ysamber K et myroxyde, comme si la densité du fond la repoussait plutôt que de l’attirer. Il n’y a pas d’absorption, pas de dialogue architectural — seulement une coprésence à distance. Le sclareolide ne crée aucun pont entre les deux entités.
→ Ce que le système révèle : S4 révèle une incompatibilité absolue de la carvone avec les architectures de fond fixant. Sa nature cétone terpenique légère et froide est aux antipodes de la logique d’absorption chaude et pondérale du fond sombre. Cette incompatibilité est plus radicale encore que celle de l’anisyl propanal : là où l’aldéhyde créait au moins une interface de répulsion visible, la carvone produit une indifférence totale — les deux entités s’ignorent mutuellement.
[MOYEN]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À dose moyenne, l’accumulation de carvone au-dessus du fond de S4 crée une couche froide flottante qui commence à isoler le fond de l’espace supérieur. Le fond sombre reste intact dans sa masse absorbante mais se voit progressivement séparé de l’espace perceptif par cette couche intermédiaire de carvone rigide. L’interaction est purement spatiale et non chimique — la carvone crée un plafond froid au-dessus d’une cave sombre.
→ Ce que le système révèle : S4 révèle que la carvone à dose moyenne fonctionne comme un séparateur stratigraphique froid entre le fond et l’espace supérieur. À la différence de l’anisyl propanal qui créait un faux-plafond par accumulation dense, la carvone génère un séparateur par contraste thermique : sa froideur perceptive crée une frontière nette avec la chaleur sourde du fond sombre. La séparation stratigraphique est thermique autant que chimique.
[HAUT]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À haute dose dans S4, la couche de carvone s’épaissit jusqu’à occuper l’essentiel de l’espace perceptif du système. Le fond sombre est entièrement enseveli sous la masse froide de la carvone et rendu architecturalement inactif — il ne fixe plus, n’absorbe plus, n’émet plus. La carvone n’a pas pénétré le fond : elle l’a recouvert d’un couvercle froid et imperméable qui le neutralise par enfouissement.
→ Ce que le système révèle : S4 révèle qu’à haute dose, la carvone neutralise un fond fixant non par pénétration ou collision mais par recouvrement froid. Cette neutralisation par enfouissement est architecturalement distincte de la substitution identitaire de la carotte ou de la confrontation directe de l’anéthol : la carvone ne transforme pas le fond — elle le rend inaccessible en le couvrant d’une masse qui lui est étrangère. Le fond reste ce qu’il est, mais cesse d’exister perceptivement.
[TRACE]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : Sur l’architecture tendue de S5, la trace de carvi produit un effet d’incision de l’arête — très différent du lestage de la carotte ou de l’activation vibratoire de l’anisyl propanal. La carvone vient couper légèrement l’arête douce du sandela-magnolane, lui conférant une acuité plus vive, presque douloureuse dans sa précision. La tension est préservée mais son caractère souple est légèrement entaillé — l’arête organique devient légèrement minérale.
→ Ce que le système révèle : S5 révèle que la carvone, à trace, est un acuiseur d’arête par incision froide. Contrairement aux ingrédients anisiques qui géométrisent l’arête ou aux racinaires qui la lestent, la carvone l’affûte par contact tranchant. Le sandela capte légèrement la carvone et transmet son tranchant à l’arête — une interaction inattendue qui révèle une compatibilité partielle entre la rigidité de la carvone et la tension boisée du sandela.
[MOYEN]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À dose moyenne, l’incision de l’arête devient une modification de nature. La tension douce et organique du sandela-magnolane acquiert une dureté minérale croissante sous l’effet de la carvone. L’arête ne perd pas sa tension — elle la conserve intacte — mais change de matière : de bois souple elle devient pierre froide. L’événement perceptif de S5 est toujours présent mais d’une qualité radicalement différente : tranchant froid et précis au lieu de souple et courbe.
→ Ce que le système révèle : S5 révèle la capacité de la carvone à changer la qualité matérielle d’une arête sans en modifier la géométrie ni la tension. Cette substitution de matière dans la tension est une propriété architecturale hautement spécifique : l’ingrédient ne reconfigure pas l’arête, ne la déplace pas, ne la détruit pas — il la minéralise sur place. Le magnolane contribue à cette minéralisation en modifiant sa propre nature sous l’influence de la carvone, passant d’un liant souple à un joint dur.
[HAUT]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À haute dose dans S5, la minéralisation de l’arête atteint un point de saturation et l’arête se brise. Non par affaissement gravitationnel, non par saturation vibratoire, non par aplanissement — mais par fragilisation minérale. Une arête trop dure, trop froide, trop chargée de carvone finit par se fissurer sous sa propre rigidité. Le système perd sa tension non pas dans la douceur mais dans la cassure : l’événement perceptif se termine abruptement.
→ Ce que le système révèle : S5 révèle qu’à haute dose, la carvone détruit la tension architecturale par fragilisation minérale progressive jusqu’à la rupture cassante. Cette modalité de fin de tension — la rupture par sur-minéralisation — est la plus abrupte architecturalement parmi toutes les matières analysées à ce jour dans S5. Aucun ingrédient n’avait produit une résolution tensorielle par cassure franche : tous produisaient des transitions plus ou moins graduelles vers un état post-tensionnel. La carvone produit un arrêt net — une fin architecturale sans résidu.
S’annule partiellement avec les notes très fraîches-aquatiques qui masquent sa chaleur panifiée ; peut être neutralisé par des muscs blancs propres qui absorbent sa facette terreuse-foin sans effacer complètement la pointe mentholée de la carvone ; contraste avec les floraux blancs délicats qu’il peut alourdir si mal dosé.
En sub-seuil (traces), seule une texture chaude et grillée émerge, sans identité carvi reconnaissable, agissant comme liant discret entre les facettes aromatiques d’un accord fougère ; passé le seuil moyen, le caractère pain-de-seigle et la pointe mentholée-anisée de la carvone deviennent nets et identifiables comme carvi.
Au-delà de 5%, l’huile cesse d’être un modificateur discret pour devenir un axe structurant à part entière, de type accord pain de seigle-cumin ; le risque à ce niveau est une lourdeur pénétrante et acide, le d-limonène ayant par ailleurs tendance à s’oxyder en carvone avec le temps, accentuant la facette mentholée du vieillissement.
Dyade avec la lavande dans les structures fougère aromatiques ; dyade avec le pain d’épices (cannelle, gingembre) pour un accord gourmand-panifié ; triade tabac-cuir avec le labdanum et une note tabac pour un fond chaud oriental ; triade avec l’aneth et le fenouil pour reconstituer un profil ombellifère complexe.
À comparer au cumin (Cuminum cyminum), botaniquement proche et souvent confondu visuellement, mais dominé par le cuminaldéhyde qui lui donne un caractère animal-cuiré bien plus marqué que la chaleur panifiée du carvi, et soumis à une restriction IFRA spécifique (0.4%) que le carvi n’a pas ; à comparer à l’aneth (Anethum graveolens), également riche en carvone mais avec un profil plus vert-herbacé et moins panifié.