Patchouli Dark

cas:

8014-09-3

Synonyme:
fonction / vecteur:
fonction dominante:

Halo

vecteur dominant:

Enveloppant

Seuils:
seuil_trace %:
seuil bas %:

0,50000

seuil moyen %:

2

seuil haut %:

5

seuil très haut %:

10

seuil overdose %:
fonction trace:

Liant

fonction bas:

Liant

fonction moyen:

Halo

fonction haut:

Coeur

fonction très haut:

Colonne

fonction Overdose

Colonne

vecteur trace:

Horizontal

Vecteur bas:

Enveloppant

Vecteur Moyen:

Enveloppant

Vecteur Haut

Vertical

Vecteur Très Haut

Vertical

Vecteur Overdose

Vertical

Axes sensoriels (0–5)

Géométrie

Vertical<-> horizontal :

-3

rond <-> pointu:

-1

texture

sec <-> humide:

-1

mineral <-> gras:

1

lisse <-> grain:

2

lumière & goût:

sombre <-> clair:

-4

amer <-> sucre:

-1

temps & energie

durée:

intensité:

silence <-> vibration:

-2

rôle:

Huile essentielle distillée à la vapeur des feuilles séchées et fermentées de Pogostemon cablin Benth. (Lamiaceae), distillée en cuve fer (d’où ‘dark’ — couleur or foncé à brun). Indonésie produit >90% de l’offre mondiale. CAS 8014-09-3 / 84238-39-1. Composition GC/MS : patchoulol (~30%, alcool sesquiterpénique signature), alpha-bulnésène (~15%), alpha-guaiène (~12%), beta-caryophyllène (~4%), nor-patchoulenol (trace mais signature olfactive principale), séychellène, patchoulène. Profil olfactif : terreux-camphrée en tête (s’estompe avec le vieillissement), boisé-sombre dense, doux-balsamique, facettes chocolatées-caramel et épicées-herbacées émergent après maturation. Première Peau : ‘le patchouli fraîchement distillé est rugueux, camphrée et vert — après maturation une chaleur sombre presque chocolatée émerge’. Distillation fer = plus de complexité et richesse que l’inox, dry down plus raffiné. Substantivité exceptionnelle >400h. Excellent fixatif physique (sesquiterpènes haut poids moléculaire ralentissent l’évaporation des matières légères superposées). Non restreint IFRA 51 cat.4. Allergènes EU : linalol, limonène, eugénol (<0,1%), cinnamal (<0,05%) — à calculer par COA lot. FEMA 2838. Vieillissement 2–5 ans recommandé pour qualité optimale.

Comportement architectural
systemes

[TRACE]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À dose infime, la matière introduit une note d’humidité terreuse à la base de la colonne sans rompre sa verticalité ; elle épaissit légèrement le pied sans déplacer l’axe. Comportement fortement prévisible compte tenu de la forte substantivité connue du patchouli.
→ Ce que le système révèle : La colonne sèche révèle que l’ingrédient possède une empreinte de fond dense même en quantité minimale, incompatible en germe avec une sécheresse pure — un indice précoce de vocation massive plutôt que columnaire.

[MOYEN]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : L’ingrédient commence à concurrencer l’axe : il humidifie et alourdit la colonne, introduisant une gangue terreuse qui contredit la nudité osseuse du système. Le cédrol reste identifiable mais perd de sa rectitude perçue.
→ Ce que le système révèle : S1 révèle une incapacité relative de l’ingrédient à se comporter en simple appui vertical ; il tend à s’imposer comme masse concurrente plutôt que comme renfort de structure — inférence structurale par analogie avec d’autres matières résineuses lourdes.

[HAUT]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À haute dose, l’ingrédient remplace fonctionnellement la colonne par une masse sombre et compacte ; l’axe vertical sec se dissout dans un volume terreux, la sécheresse initiale du système est annulée.
→ Ce que le système révèle : Le système révèle un caractère fondamentalement anti-columnaire et mass-forming de l’ingrédient : sa présence massive prime toujours sur toute tentative de rectitude, quelle que soit la dose.

[TRACE]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : L’ingrédient dépose une ombre discrète sur la surface blanche, un léger ternissement localisé sans rupture de continuité du plan. La diffusion homogène du système reste globalement intacte.
→ Ce que le système révèle : S2 révèle une capacité de l’ingrédient à colorer une surface avant même de s’y faire percevoir comme objet autonome — hypothèse à vérifier expérimentalement, la matière n’étant pas documentée sur ce type de plan blanc diffusant.

[MOYEN]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : L’ingrédient perfore localement la surface, créant un relief sombre et une hétérogénéité de diffusion ; le plan blanc perd son uniformité et développe une zone d’accumulation.
→ Ce que le système révèle : Le système révèle une tendance à la fragmentation plutôt qu’à la fusion : l’ingrédient ne s’étale pas dans le plan, il s’y dépose en points denses — inférence structurale par comparaison avec d’autres matières à forte substantivité et faible diffusion projetée.

[HAUT]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À haute dose, l’ingrédient sature et enfouit la surface sous une couche opaque ; le plan horizontal blanc cesse d’exister comme tel, remplacé par une masse continue.
→ Ce que le système révèle : S2 révèle une capacité de saturation totale de surface, confirmant une diffusion enveloppante et non projetée : l’ingrédient occupe l’espace en épaisseur plutôt qu’en étendue.

[TRACE]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : L’ingrédient introduit un léger lest dans le volume respirant, densifiant discrètement sa partie basse sans fermer les interfaces floues du système.
→ Ce que le système révèle : S3 révèle une capacité précoce de densification par le bas, cohérente avec un comportement de fond plutôt que de vecteur enveloppant diffus — comportement fortement prévisible.

[MOYEN]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : L’ingrédient densifie le volume et crée un gradient perceptible entre une base épaisse et un sommet resté ouvert ; le système continue de respirer mais avec un ralentissement de la circulation d’air perceptif.
→ Ce que le système révèle : Le système révèle une fonction de liant gravitationnel : l’ingrédient stabilise le volume par le bas plutôt que de le dilater, révélant un vecteur vertical descendant plutôt qu’expansif.

[HAUT]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À haute dose, l’ingrédient comprime le volume respirant en une masse dense ; les transitions continues du système disparaissent au profit d’un bloc homogène et sombre.
→ Ce que le système révèle : S3 révèle une capacité de compression volumique complète : l’ingrédient annule la respiration du système, confirmant sa vocation de masse plutôt que d’espace.

[TRACE]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : L’ingrédient renforce discrètement la masse absorbante existante, prolongeant sa profondeur sans modification perceptible de sa nature ; il agit en simple extension du fond.
→ Ce que le système révèle : S4 révèle une affinité native et forte avec la masse sombre — comportement fortement prévisible étant donné la parenté olfactive et structurale du patchouli avec les bois sombres et résines fixatrices du système.

[MOYEN]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : L’ingrédient fusionne avec la masse tout en lui imprimant sa propre texture terreuse ; il épaissit et assombrit davantage le fond, agissant en co-architecte plutôt qu’en simple renfort.
→ Ce que le système révèle : Le système révèle une capacité de co-construction de masse : l’ingrédient ne se contente pas d’être absorbé, il redéfinit partiellement la nature du fond qui l’accueille.

[HAUT]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À haute dose, l’ingrédient devient la masse dominante et tend à homogénéiser l’ensemble du fond, entrant en concurrence identitaire avec les matières constitutives de S4 plutôt qu’en simple intégration.
→ Ce que le système révèle : S4 révèle une limite de compatibilité : au-delà d’un certain seuil, l’ingrédient cesse de coopérer avec la masse pour la remplacer, masquant potentiellement les autres composants du fond — inférence structurale à confirmer expérimentalement sur le seuil précis de bascule.

[TRACE]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : L’ingrédient dépose une légère densité autour de l’arête tendue, sans encore l’émousser ; la tension du système reste lisible.
→ Ce que le système révèle : S5 révèle une proximité mass-forming précoce : même en trace, l’ingrédient tend vers l’absorption plutôt que vers le renforcement de tension — hypothèse à vérifier expérimentalement.

[MOYEN]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : L’ingrédient commence à amortir l’arête, opposant à la tension une inertie de masse qui dilue progressivement son acuité perceptive.
→ Ce que le système révèle : Le système révèle un comportement anti-tensionnel structurel : l’ingrédient ne polarise ni n’articule la tension, il l’érode par accumulation de masse — inférence structurale par analogie avec d’autres matières lourdes et peu tranchantes.

[HAUT]
→ Ce que l’ingrédient fait au système : À haute dose, l’ingrédient ensevelit l’arête sous une masse dense et sombre ; la tension du système est résolue par noyade plutôt que par articulation ou rupture.
→ Ce que le système révèle : S5 confirme un caractère fondamentalement anti-tensionnel et mass-forming de l’ingrédient : sa fonction dominante face à toute structure tendue est la dissolution de l’arête, jamais son renforcement.

annulations
Cartographie Annulations

Les matières très légères-aqueuses et marines (Calone, Aquozone) sont en opposition totale de registre — la densité sombre du patchouli dark et la légèreté aqueuse sont architecturalement incompatibles sans pont structurel. Les floraux très blancs-transparents (muguet, aldéhydes très fins) peuvent être écrasés par la densité du patchouli en zone haute — équilibre délicat nécessitant un dosage précis. Attention au camphré en frais distillat — un lot jeune non vieilli peut créer une dissonance camphrée-herbacée dans les floraux délicats. Les matières très acides-citronnées en tête créent une transition abrupte fraîche/sombre si aucun liant aromatique ou épicé ne fait le pont. Adultération au Pogostemon heyneanus (‘faux patchouli’) possible — toujours vérifier le COA GC/MS du lot.

Emergences

Avec le labdanum et la mousse de chêne, le patchouli dark constitue l’accord chypre classique fondateur documenté depuis François Coty (1917) — le labdanum apporte la résine chaude, la mousse de chêne la fraîcheur terreuse-mousseuse, le patchouli l’ancrage sombre-terreux persistant. Avec la vanilline et la fève tonka, la facette chocolatée-caramel latente du patchouli vieilli se révèle pleinement — accord oriental Angel (Mugler, 1992, Olivier Cresp) archétypal : patchouli + chocolat + vanille + fruits rouges. Avec le Mahagonate (déjà dans la base), la dimension boisée-herbacée du Mahagonate complète la sécheresse terreuse du patchouli dark pour un accord chypre-boisé très naturel. Avec le Cocoa Absolute (déjà dans la base), la synergie entre les facettes chocolatées des deux matières est additive et très puissante — accord cocoa-patchouli d’une profondeur sombre exceptionnelle.

Overdose

Au-delà de 15% dans le concentré, le patchouli dark sature et écrase tout l’accord dans une masse sombre-terreuse sans nuance. La dimension camphrée résiduelle (même sur lot vieilli) devient intrusive et médicinale. La substantivité exceptionnelle (>400h) rend l’overdose très persistante et difficile à corriger. En pratique, au-delà de 10% la composition devient mono-dimensionnelle et perd la sophistication que le patchouli apporte à dose modérée. Fraterworks note que la qualité d’un patchouli se mesure à sa douceur persistante jusqu’à la dernière perception — l’overdose détruit précisément cette qualité. Vieillir systématiquement les lots de dark avant usage formulatoire intensif.

risques
Points de bascule
dyades / triades

Dyade chypre fondateur : Patchouli Dark + Labdanum → fond chypre de référence historique, accord Coty (1917) archétypal. Dyade oriental classique : Patchouli Dark + Vanilline → oriental sombre-chocolaté, base Angel/Opium. Triade chypre classique : Patchouli Dark + Labdanum + Mousse de chêne → chypre terrien complet, ossature structurelle de la parfumerie classique depuis 1917. Triade oriental gourmand : Patchouli Dark + Cocoa Absolute + Fève Tonka → accord sombre-chocolaté-terreux d’une profondeur exceptionnelle, registre Angel sophistiqué.

protocoles
comparaison

Plus complexe, plus sombre et plus riche que le patchouli light (inox) dont le dry down est plus propre et moins terré. Plus terreux-camphrée et moins pur en patchoulol que le cœur MD (PA50, 50% patchoulol) ou le cœur N.3 (PA60, 52–59% patchoulol) qui sont plus modernes et sans lourdeur. Plus naturel et plus dense que le patchoulol isolé (Clearwood PRISMA ≥90% patchoulol) qui est plus propre mais moins complexe. Remplacement partiel de la mousse de chêne naturelle en chypre moderne suite aux restrictions IFRA sur atranol/chloroatranol — le patchouli dark a pris un rôle structurel accru dans les chypres et fougères contemporaines. Usage fondateur historique : Chypre de Coty (1917), Opium (YSL, 1977, Jean-Louis Sieuzac), Angel (Mugler, 1992, Olivier Cresp), Patchouli (Reminiscence, 1970) — quatre jalons couvrant un siècle de parfumerie.